Lundi 29 juin 2009
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Vous ne trafiquez pas d’un sel plus fort quand, au matin,
dans un présage de royaumes et d’eaux mortes
hautement suspendues sur les fumées du monde,
les tambours de l’exil éveillent aux frontières
l’éternité qui baille sur les sables.
Saint -John Perse. Anabase
A propos du 'Partage su sel'
Or, ici, nous avons voulu rendre au sel notre tribut. Et lui, qui préside à la destinée des mondes depuis l’aube des temps, doit bien sourire en ses cristaux de
cette offrande. Sans lui nous ne serions pas en ce monde ni en d’autres, nous, les humains. Sans lui nous ne pourrions, ni boire, ni manger, ni aimer, ni croître et nous multiplier, sans lui nous
ne saurions ni rêver, ni penser, ni communiquer, ni même écrire et encore moins calligraphier et photographier…et la vie n’aurait ni goût ni sens car sans lui la vie ne serait pas !
Pline l’ancien disait de lui qu’il est un soleil divin. Naguère, il n’était de civilisation pour qui le sel ne fût sacré. Aujourd’hui il est oublié, abandonné dans
le grenier de nos mémoires, et pourtant depuis un siècle nous lui avons trouvé plus de 14 000 applications industrielles ! Alors pour paraphraser Gainsbourg, dont les chansons et la vie ne
manquaient pas de sel, : « l'argent - le sel – c’est comme l’oxygène, quand on n'en a on y pense pas ! », et cela est , comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs
!
Nous avons voulu lui rendre ce modeste hommage, et ces calligraphiées éphémères dont il ne reste que les images au sel d’argent, se sont déjà résorbées dans ses
cristaux qui en garderont la mémoire plus que tout oeuvre humaine car le sel est symboliquement immortel et incorruptible et c’est bien pourquoi Satan le déteste.
Le sel est pour moi, symboliquement, comme le sens de la vie. Et, si il semble
qu'aujourd'hui une minorité d'entre nous s'interrogent heureusement encore sur le sens de leur vie, sur le sens de la vie, malheureusement beaucoup d'autres de nos frères humains ,
hélas, hélas, ne s'interrogent pas, ne s'interrogent plus. Ils ont acceptés d'être ce que l'On leur dit "d'être", de faire là où On leur dit de faire et qu'On leur dise : "il n'y a rien
à comprendre, ne vous tracassez pas : On pense pour vous ! "
Jean-Loup de Sauverzac
“Though we are justices, and doctors, and churchmen,
Master Page, we have some salt of our youth in us.”
Shakespeare - Merry Wives of Windsor, II. 3.
Par Le fou du sel
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Publié dans : textes sur le sel
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